Les mouvements au davier lors d’une extraction dentaire : mécanique, technique et indications par groupe dentaire

Chirurgie orale · Guide technique

Les mouvements au davier lors d'une extraction dentaire : mécanique, technique et indications par groupe dentaire

Bascule vestibulo-linguale, rotation axiale, traction : chaque mouvement au davier obéit à une logique biomécanique précise. Maîtriser leur séquence et leurs limites, c'est extraire efficacement tout en préservant l'os alvéolaire.

⏳ Lecture : 7 min 🔧 Chirurgie orale 📋 Destiné aux professionnels 📅 2025

Le davier n'intervient jamais seul. Il prend le relais de l'élévateur sur une dent déjà mobilisée, et ses mouvements sont dictés par l'anatomie radiculaire, la densité osseuse et l'arcade concernée. Une bascule trop ample fracture la table osseuse. Une rotation sur une molaire pluriradiculaire fracture la racine. Comprendre la biomécanique de chaque geste permet d'extraire vite, proprement et sans surprise.

3 mouvements fondamentaux au davier : bascule, rotation axiale et traction définitive
100% des extractions au davier doivent être précédées d'une luxation à l'élévateur suffisante
2 mm sous la jonction émail-cément : position cible des mors du davier pour une prise optimale

Le davier : anatomie de l'instrument et mécanique d'action

Collection de daviers dentaires pour extractions maxillaires et mandibulaires : incisives, prémolaires, molaires

Collection de daviers : la forme des mors et l'angle des poignées sont spécifiques à chaque groupe dentaire et à chaque arcade.

Le davier est une pince à extraction dont la géométrie est conçue pour s'adapter à la morphologie radiculaire et à la position de la dent sur l'arcade. Son action est celle d'un levier de troisième genre : la force est appliquée entre le point d'appui (l'os alvéolaire) et la charge (la racine), ce qui permet une dilatation progressive de l'alvéole tout en mobilisant la dent.

Contrairement à l'élévateur qui agit avant pour initier la luxation, le davier finalise l'avulsion après que les fibres du ligament alvéolo-dentaire ont été partiellement rompues. C'est pourquoi son application sur une dent non mobilisée est une erreur mécanique : les forces nécessaires seraient alors excessives, risquant la fracture radiculaire ou osseuse.

🔧 Anatomie du davier : 3 parties, 3 rôles

📈 Les mors (bécs)

Partie active qui saisit la racine. Leur forme (plate, concave, bifide) détermine l'adaptation à chaque morphologie radiculaire. La prise doit se situer 2 mm sous la JEC.

🔃 L'articulation

Pivot qui transmet la force des poignées aux mors. Son positionnement détermine l'angle d'action et le rapport de démultiplication de la force exercée.

👋 Les poignées (manches)

Bras de levier actif. La prise en main doit être ferme mais jamais en force. Le pouce et l'index guident, la paume contrôle l'amplitude des mouvements.

💡

Règle d'application fondamentale : les mors du davier doivent être positionnés le plus apicalement possible, idéalement 2 mm sous la jonction émail-cément, en contact étroit avec la racine sur toute la surface des mors. Une prise coronaire haute expose à la fracture de la couronne. Une prise asymétrique (un mors plus haut que l'autre) génère une force excentrée qui fracture la racine.


Les 3 mouvements fondamentaux au davier

Les mouvements au davier ne sont pas interchangeables. Leur choix dépend directement de la morphologie radiculaire de la dent à extraire. Les appliquer sans cette logique expose systématiquement aux complications.

Mouvement de bascule (luxation vestibulo-linguale)

Oscillation alternée dans le plan vestibulo-lingual — le mouvement de base universel

Mécanique

La dent est basculée alternativement vers le vestibule puis vers le palais ou la langue. Chaque bascule comprime l'os alvéolaire du côté vers lequel la racine est poussée, dilate l'alvéole, et rompt progressivement les fibres du ligament alvéolo-dentaire par fatigue mécanique. L'amplitude augmente progressivement au fur et à mesure que l'alvéole se dilate.

📌 Commencer toujours par une bascule vers la corticale la plus mince (vestibulaire en règle générale) pour initier la dilatation.

Indications

  • Toutes les extractions : mouvement initia universel
  • Incisives, canines, prémolaires (mono et pluriradiculaires)
  • Molaires maxillaires (combiné à la rotation selon les racines)
  • Os alvéolaire souple autorisant la dilatation
  • Racines droites ou légèrement courbes sans dilacération

Erreurs à éviter

  • Amplitude maximale dès le premier mouvement : fracture de la table osseuse
  • Bascule linguale en premier sur incisive maxillaire : corticale palatine épaisse, risque élevé
  • Bascule unique sans alternance : le LAD cede d'un seul côté, fracture radiculaire
  • Appliquer une bascule sur molaire mandibulaire non séparée aux racines divergentes
⚠ Incisive latérale maxillaire : os vestibulaire très fin — amplitude de bascule réduite, progression ultra-douce.

Mouvement de rotation axiale

Torsion autour du grand axe de la racine — réservé aux racines à section circulaire

Mécanique

La dent est soumise à une rotation progressive autour de son grand axe. Ce mouvement rompt les fibres ligamentaires par torsion de manière uniformément répartie sur toute la surface radiculaire. La section circulaire de la racine est la condition sine qua non : une section ovale ou aplatie résiste à la rotation et se fracture.

📌 Amplitude recommandée : 20 à 30° par sens, alternance progressive. Jamais de rotation en force d'un seul côté.

Indications strictes

  • Canines (racine longue à section ronde) : mouvement de référence
  • Incisives centrales maxillaires (à section approximativement circulaire)
  • Première prémolaire maxillaire à racine unique et conique
  • Racines résiduelles courtes à section ronde après fracture

Contre-indications absolues

  • Molaires (pluriradiculaires) : fracture radiculaire certaine
  • Incisives latérales maxillaires (section aplatie)
  • Prémolaires mandibulaires (racine aplatie M–D)
  • Toute racine à section ovale ou aplatie
  • Racines courbes ou dilacérées
⚠ Avant toute rotation, contrôler la morphologie radiculaire sur la radio préopératoire. Si doute : ne pas tourner.

Mouvement de traction axiale (avulsion)

Extraction définitive dans l'axe d'éruption — toujours en phase terminale

Mécanique

Après luxation complète par bascule et/ou rotation, la traction axiale dans l'axe d'éruption de la dent achève l'avulsion. Ce mouvement exploite la dilatation alvéolaire acquise et la rupture totale du ligament. Il ne doit jamais être forcé — si la résistance persiste, reprendre la luxation.

📌 La traction n'est jamais le premier mouvement. C'est l'aboutissement logique d'une luxation bien conduite.

Directions selon la dent

  • Incisives max : traction vers le bas et légèrement vestibulaire
  • Canines max : traction vers le bas, légèrement vers le bas et le dehors
  • Molaires max : traction vers le bas et vers l'extérieur (disto-vestibulaire)
  • Incisives-canines mand : traction vers le haut dans l'axe
  • Molaires mand : traction vers le haut et vers l'extérieur

Erreurs à éviter

  • Traction forcée sur dent non suffisamment luxe : fracture radiculaire
  • Traction en direction palatine ou linguale : risque de fracture de la table
  • Traction vers le haut sur dent maxillaire (risque de refoulement dans le sinus)
  • Laisser les doigts de la main non dominante mal positionnés : la dent peut échapper brutalement
⚠ La main non dominante doit toujours contrôler le mouvement d'avulsion pour prévenir un échappement traumatique.

Mouvement combiné (bascule + rotation simultanées)

Synergie des deux mouvements précédents pour les dents à anatomie intermédiaire

Mécanique

Pour certaines dents (canines maxillaires, incisives centrales), la combinaison progressive d'une bascule vestibulaire et d'une rotation partielle optimise la rupture ligamentaire. La bascule dilate, la rotation détord les fibres circonférentielles. Ce n'est pas une technique "hybride" empirique — c'est une approche raisonnée basée sur la géométrie radiculaire.

📌 La composante rotatoire ne s'introduit qu'après une première bascule vest. de mobilisation. Jamais simultanément dès le début.

Indications

  • Canines maxillaires : longue racine conique, combinaison idéale
  • Incisives centrales maxillaires bien luxee
  • Premières prémolaires maxillaires à racine unique
  • Racines résiduelles coulées (à section sub-circulaire)

Points de vigilance

  • S'assurer que la rotation introduite est progressive et non forcée
  • Arrêter la rotation si la résistance augmente : revenir en bascule pure
  • Ne pas appliquer ce mouvement sur des dents à anatomie incertaine sans radio
⚠ Ce mouvement n'est pas adaptable à toutes les dents. Son indication résulte d'une analyse clinique et radiographique.

Choix du davier et mouvements spécifiques par groupe dentaire

La forme du davier est dictée par l'arcade, le groupe dentaire et la morphologie radiculaire. Utiliser un davier non adapté compromet la prise, augmente les forces nécessaires et le risque de complication.

Daviers maxillaires pour incisives, canines, prémolaires et molaires : mors adaptés à chaque groupe dentaire

Daviers maxillaires : la configuration des mors — plats, concaves, bifides — est spécifique à chaque groupe dentaire.

⇧ Arcade maxillaire
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Incisives & canines max.

Bascule + rotation combinée

Davier droit à mors plats et symétriques. Bascule vest.-palatine progressive, puis rotation axiale introduite après mobilisation. Traction vers le bas et en dehors.

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Prémolaires max.

Bascule vest.-palatine douce

Davier à mors fins (n°76). Attention : la 1ère prémolaire est souvent biradiculaire — pas de rotation. Bascule douce +++. La 2ème prémolaire (racine unique conique) tolère mieux la rotation.

Molaires max.

Bascule vest. predominante

Davier à mors bifides (n°18 à gauche, n°17 à droite). Bascule exclusivement vestibulaire en priorité (corticale palatine épaisse). Jamais de rotation — 3 racines divergentes. Traction vers le bas et en dehors.

⇩ Arcade mandibulaire
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Incisives & canines mand.

Bascule + rotation modérée

Davier droit à mors fins. Os alvéolaire fin en région antérieure — bascule vest. très douce. Rotation possible sur canine (racine longue à section ronde). Traction vers le haut dans l'axe.

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Prémolaires mand.

Bascule vest.-linguale

Davier droit (n°76 ou spécifique mand.). Racine aplatie M–D : pas de rotation axiale. Bascule vest.-linguale douce et progressive. Traction vers le haut dans l'axe.

Molaires mand.

Bascule systématique, jamais de rotation

Davier en baïonnette (mors bifides ou en bec d'oiseau, n°13 ou n°23). Deux racines M et D divergentes : séparation inter-radiculaire obligatoire avant toute application du davier. Bascule vest.-linguale alternee. Traction vers le haut.


Particularités techniques par groupe dentaire

Au-delà des mouvements, certaines spécificités anatomiques imposent des adaptations techniques que seule la connaissance du groupe dentaire permet d'anticiper.

🦷 Incisives maxillaires Vest. d'abord

  • Bascule vestibulaire en premier (corticale palatine épaisse)
  • L'incisive latérale a une racine aplatie : pas de rotation pure
  • Os vestibulaire fin : amplitude de bascule limitée
  • Traction vers le bas, légèrement vestibulaire

▫ Canines maxillaires Rotation + bascule

  • Racine la plus longue de la denture (17–20 mm)
  • Section ronde : mouvement combiné idéal
  • Débuter par bascule vest. puis introduire progressivement la rotation
  • Prévoir parfois une ostectomie si émergence osseuse importante

🔬 Prémolaires max. Bascule douce

  • 1ère PM : souvent 2 racines fines (V et P) — pas de rotation
  • 2ème PM : racine unique conique — rotation tolérée avec prudence
  • Corticale vestibulaire très fine : bascule maximale 20°
  • Fracture radiculaire fréquente si bascule excessive

⚪ Molaires maxillaires Bifid, vest. ++

  • 3 racines : M-V, D-V et palatine — jamais de rotation
  • Bascule vestibulaire prioritaire (corticale vestibulaire plus fine)
  • Mors bifide se cale dans la furcation vestibulaire
  • La racine palatine est souvent divergente : prévoir sa gestion séparée si résistance

👋 Antérieures mandibulaires Bascule fine

  • Os alvéolaire très fin en région ant.: bascule ultra-douce
  • Incisives : racines très aplaties M–D — rotation formellement contre-indiquée
  • Canine : seule dent mand. autorisant la rotation (racine ronde)
  • Proximité des dents voisines : prise des mors à contrôler visuellement

⚪ Molaires mandibulaires Séparation oblig.

  • Séparation inter-radiculaire systématique si racines divergentes
  • Davier en baïonnette à mors bifides calés dans la furcation
  • Bascule vest.-linguale alternee, progressive
  • Proximité du nerf alvéolaire : pas de pression apicale excessive sur les racines distales
Technique d'application du davier sur molaire maxillaire : prise des mors sous la jonction émail-cément

La prise des mors 2 mm sous la JEC sur les deux faces radiculaires est la condition d'une application de force équilibrée — garant d'une extraction sans fracture radiculaire.


Séquence clinique : de l'application à l'avulsion

1
Contrôle de la luxation préalable à l'élévateur Le davier ne s'applique qu'après luxation suffisante à l'élévateur. La dent doit présenter une mobilité clinique perceptible dans les deux sens avant toute application des mors. Sauter cette étape est la première cause de fracture radiculaire au davier.
2
Sélection et vérification du davier adapté Choisir le davier correspondant au groupe dentaire, à l'arcade et au côté (droite/gauche pour les molaires). Vérifier que les mors ne présentent pas d'ébrèchures ni de déformation. Un davier émoussé ou mal entretenu nécessite plus de force et glisse sur la racine.
3
Application des mors : prise apicale symétrique Positionner les mors 2 mm sous la JEC, symétriquement des deux côtés (vestibulaire et lingual/palatin). Le davier doit être parallèle au grand axe de la dent. Contrôler visuellement la prise avant tout mouvement. Si la prise est asymétrique : retirer et repositionner.
4
Séquence des mouvements selon l'anatomie Toujours commencer par la bascule vestibulaire (corticale plus fine). Alterner vest. et ling./palatin en augmentant progressivement l'amplitude. Introduire la rotation uniquement si la morphologie radiculaire le permet. Surveiller l'amplitude : dès que la dent est libre, passer à la traction.
5
Traction axiale et avulsion contrôlée Lorsque la dent est mobile à 360°, la traction axiale dans l'axe d'éruption achève l'avulsion. La main non dominante contrôle le mouvement et protège les structures adjacentes. Après avulsion : inspecter la dent pour vérifier l'intégrité radiculaire, curetage de l'alvéole, compression, hémostase.

Davier ou élévateur : compément ou substitution ?

Ces deux instruments ne s'excluent pas — ils se complètent dans une séquence logique. Comprendre les limites de l'un justifie le recours à l'autre.

🔧 L'élévateur — Phase de luxation

  • Initie la rupture du LAD dans l'espace desmodontal
  • Agit avant le davier, sur dent en place
  • Indispensable pour les dents non accessibles directement
  • Outil de précision : mouvement contrôlé avec point d'appui osseux
  • Assure la mobilisation progressive sans saisir la couronne
  • Indispensable pour les fragments radiculaires sans couronne

▽ Le davier — Phase d'avulsion

  • Finalise l'extraction sur une dent déjà mobilisée
  • Agit après l'élévateur, jamais seul
  • Permet une prise ferme et symétrique sur la racine
  • Les mouvements sont adaptés à chaque groupe dentaire
  • Son efficacité dépend directement de la qualité de la luxation préalable
  • Inutilisable sans couronne présente (recours au davier à racine)

Les règles d'or de l'utilisation du davier

📐
Règle de la radio préopératoire obligatoire Analyser le nombre de racines, leur morphologie (section, courbure, longueur), la densité osseuse et les rapports avec les structures nobles (sinus, nerf) avant tout choix de davier et de mouvement. Une surprise anatomique peropératoire est toujours évitable.
🔥
Règle de la luxation préalable complète Le davier n'est jamais le premier geste. La luxation à l'élévateur jusqu'à mobilité clinique perceptible est la condition sine qua non d'une extraction au davier sans fracture. Réduire le temps passé à l'élévateur pour "aller plus vite au davier" est la première cause de complication.
📈
Règle de la prise apicale symétrique Les deux mors doivent saisir la racine symétriquement, 2 mm sous la JEC, en contact étroit sur toute la surface des mors. Une prise asymétrique ou trop haute concentre les forces sur un secteur radiculaire et fracture. Vérification visuelle avant tout mouvement.
🚫
Règle de l'adaptation morpho-radiculaire Rotation axiale = racines à section circulaire uniquement. Bascule = universal mais amplitude adaptée. Jamais de rotation sur une molaire, une première prémolaire maxillaire biradiculaire ou une incisive latérale. La forme de la racine vue sur la radio détermine le mouvement autorisé.
👚
Règle de la main non dominante de contrôle La main libre contrôle en permanence l'alvéole et les tissus adjacents. Elle protège les dents voisines, détecte les mobilisations osseuses anormales et ralentit l'avulsion brûtale. Une extraction sans main de contrôle est une extraction non sécurisée.
🛠
Règle de la séparation systématique des molaires à racines divergentes Avant toute application du davier sur une molaire mandibulaire à racines divergentes, la séparation inter-radiculaire à la fraise carbure est non négociable. Tenter d'extraire monobloc avec des racines divergentes génère invariablement une fracture radiculaire ou une lyse osseuse étendue.

Complications liées à un mauvais usage du davier

Les complications au davier sont quasi toujours prévisibles et évitables. Elles résultent d'une erreur de mouvement, d'une prise incorrecte ou d'une analyse préopératoire insuffisante.

⚠ Fracture radiculaire

1ère complication au davier. Générée par rotation sur racine aplatie, bascule forcée ou traction sur dent non luxe. Prise en charge : élévateur apical, ostectomie si nécessaire, radio de contrôle pour localiser le fragment.

🚨 Fracture alvéolaire

Bascule excessive ou corticale attachée à la dent (ankyl. partielle). Si la table est attachée à la dent extraite, la repositionner et suturder. Si fracture isolée : reposition, compression, surveillance.

⚠ Luxation de la dent adjacente

Mors du davier qui glisse et saisit la dent voisine, ou prise trop haute sur la couronne générant un effet levier latéral. Vérification systématique de la prise avant tout mouvement. Si luxation : réimplantation, attelle, suivi endodontique.

🔬 Fracture de la couronne

Prise des mors sur l'émail et non sur la racine. Oblige à reprendre avec l'élévateur pour mobiliser le fragment radiculaire restant. Prévention : prise 2 mm sous la JEC, décollement gingival préalable.

😉 Refoulement dans le sinus

Traction vers le haut sur une molaire maxillaire à racine palatine proche du sinus. Urgence spécialisée. Radio CBCT préop. si apex < 3 mm du sinus. Ne jamais exercer de poussée axiale apicale sur une molaire maxillaire.

🚨 Lésion du nerf alvéolaire

Lors de molaires mandibulaires proches du canal. Traction forcée en direction linguale ou apicale. CBCT préop. si racines proches du canal. Parastésie post-op : prise en charge corticothérapie et suivi neurologique.

Signal d'arrêt absolu : si lors de l'application du davier la résistance augmente plutôt que de diminuer, ou si un craquement suspect est perçu sans avulsion de la dent — stopper immédiatement. Effectuer une radiographie de contrôle avant de poursuivre. Un craquement peut signifier une fracture radiculaire ou une fracture alvéolaire : continuer en aveugle aggravera la situation.

En résumé : le davier, l'aboutissement d'une extraction bien préparée

Le davier n'est pas un outil autonome — il est le prolongement logique d'une luxation conduite à l'élévateur. Ses mouvements ne s'improvisent pas : la bascule vestibulo-linguale progressive est le geste universel, la rotation est réservée aux racines à section circulaire, la traction axiale conclut une mobilisation complète. Le choix du davier, la qualité de la prise des mors 2 mm sous la JEC, la séparation systématique des molaires divergentes et la main de contrôle permanente constituent les piliers d'une extraction efficace, sécurisée et respectueuse des structures anatomiques adjacentes.

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